L'éducation, Henry de Monfreid

Henry de Monfreid

Extrait : Je pense à ces pauvres enfants que la bonne va chercher à la porte du lycée, qui traversent la rue sous la protection d'un agent, qu'on élève en couveuse jusqu'à l'âge d'homme, qu'on exempte du service militaire et qu'on transplante en serre chaude, dans une fonction de choix, à l'abri de tout. Ils arrivent ainsi au seuil de la vieillesse avec des âmes de bébé. Toutes les qualités viriles sont mortes; ils n'ont plus de défense, comme des fleurs d'appartement ou des oiseaux de volières. Je ressens toujours une profonde pitié pour de tels hommes, et combien me paraissent coupables, ceux qui sacrifient ainsi leurs enfants par excès d'affection qui n'est qu'égoïsme et lâcheté; ils veulent s'éviter l'angoisse de voir leur fils courir les risques et les dangers qui, seuls, peuvent forger un caractère et préparer à la lutte.


Henry de Monfreid, précepteur, au rappel sur un zaroug.




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