Le moi assiégé, Christopher Lasch

Le moi assiégé, Christopher Lasch

Citation : Malaise dans la démocratie, déclin de l’idéal populiste, abaissement des exigences morales, décadence de l’école et de l’université, divorce du savoir et de l’opinion, développement de l’Etat-thérapeutique...

"C’est bien aux douloureuses contradictions du progressisme que s’attaque Christopher Lasch. La révolte des élites est son dernier livre, achevé seulement quelques jours avant sa mort. En rejetant dans l’obscurantisme tout ce qui meurtrit la bonne image de l’homme et fait obstacle à ses désirs, le monde contemporain entretient l’homme dans une névrose infantile, dont la moindre illusion n’est pas d’ignorer le tragique de l’existence.
S’il mène une critique radicale des valeurs progressistes, Lasch ne se fait pas pour autant le porte-parole de récriminations nostalgiques. L’historien américain nous rappelle qu’une gauche qui n’est plus capable d’un retour critique sur elle-même vire simplement à l’idéologie et s’aveugle sur ses propres échecs.
L’arrière-plan du livre apparaît sinon religieux, du moins empreint d’une grande inquiétude quant au destin de l’homme contemporain, déculpabilisé et pris en charge par des institutions bienveillantes. Lasch décrit une société entièrement sécularisée, oublieuse de l’inquiétude fondamentale que portait la religion qui a inspiré la démocratie américaine." Nicolas Rousseau.


Nicolas Rousseau est Professeur de philosophie. Il a coécrit avec Henri de Monvallier le livre Blanchot l’obscur ou la déraison littéraire (Autrement, Paris 2015), ainsi qu’un essai intitulé «Le sens du surhumain chez Bergson et Nietzsche», in Camille Riquier (dir.), Bergson (Cerf, Paris 2012).



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