En finir avec le discours moraliste, Michel Maffesoli

Michel Maffesoli



Citation : "Pour penser, le plus justement possible, ce qui fait le caractère de notre époque, il convient, en effet, de battre en brèche l'opinion dominante, ce que d'antique mémoire on nomme la doxa.
Ce discours se caractérise par la posture moraliste qui se retrouve dans tous les discours politiques, les articles journalistiques, voire les livres universitaires, pétris de bons sentiments, obnubilés par une logique du "devoir être" propre à une modernité dépassée. L'"éclatement" de l'individu en personne plurielle, la fragmentation des institutions homogènes en tribus hétérogènes, d'une République une et indivisible en une mosaïque plus ou moins cohérente de communautés, doit nous inciter à un chemin de pensée plus audacieux."

"Dans sa quête d'un au-delà rédempteur, dans son mépris universaliste des attaches particulières, la morale passe à côté des caractéristiques essentielles de l'existence humaine. Elle réduit celle-ci à ce que l'on peut appeler "l'auto-anthropos", l'homme limité à lui-même, alors qu'il n'est compréhensible qu'en situation: avec l'autre, avec le monde. Est-ce exagéré de dire que c'est cette limitation de l'homme à l'homme qui a conduit à cette paranoïa propre à la "dévastation du monde" (Heidegger), les saccages écologiques en témoignant, et à la dévastation des esprits, la grégaire solitude en étant l'expression achevée? Nous quittons heureusement cette époque où l'homme se pensait "maître et possesseur de lui comme de l'univers" (Descartes)." Michel Maffesoli

Source du visuel : Institut Kairos

Pour poursuivre la réflexion : 
Krisis 44: Modernité? [en vente sur Krisis Diffusion]
Michel Maffesoli / Georg Simmel : modernité et post-modernité.
Entretien avec Michel Maffesoli / L’ère du postmoderne.


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